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│J’AI LU│Blast, grasse carcasse

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Parce qu’il faut bien commencer quelque part, après avoir débuté l’aventure manga l’automne passé, on enchaîne avec les albums/bds. Mes connaissances s’arrêtaient à Calvin et Hobbes, la base. Sur les bons conseils d’un ami d’enfance, je me lance donc dans Blast.

– DÉRANGEANT

C’est clairement le premier sentiment qui m’a traversé. Les dessins en nuances de gris ne servent pas vraiment à enjoliver. Bien du contraire. Ils insistent sur des aspects déplaisants, ils mettent mal à l’aise. Ça percute. Il y fait très sombre là-dedans, disons qu’on accueille pas spécialement les côtés les plus joyeux de l’être humain. Pourtant, Polza, notre protagoniste, nous amène à compatir et partager son histoire. On ressent la lourdeur de son récit, de son personnage. La lourdeur de la mort, de l’incompréhension. Tout ce noir pèse, ce qui ne laisse pas présager une issue sympathique.

– UN RATÉ QUI PARLE SI BIEN

Polza se considère comme tel, il s’improvise clochard, il paraît sale, poisseux. Les dessins transmettent impeccablement cette idée. Un raté? Pas vraiment. Tout au long de ce premier album, j’ai gardé cette pensée : nous existons au travers du regard des autres. Si nous n’apprenons pas à nous voir, nous penser vraiment, et pas nous définir du point de vue des autres, il semble inévitable que leurs conceptions nous imprègnent. Nous convainquent qu’ils ont raison. Polza balance sur cette corde. Il a conscience du jugement des autres, parfois agit en conséquence, mais il veut aussi le transcender. Au final, on découvre un humain – alcoolique, singulier à bien des égards – mais un humain. Il est inculpé d’un crime. Si tu veux découvrir le fin mot de l’histoire, tu peux bien attendre. Les flics impatients n’ont rien compris, et je pense que le lecteur est loin de comprendre tout après le premier tome.

– LE BLAST

L’être humain est sans cesse à sa recherche. Cet état de suspension, entre le tout et le rien. Juste avant l’impact. Y’a t-il un moyen plus valable qu’un autre? Nous nous détruisons en recherchant cet idéal. Entre ce que la société te dicte et ce que tu veux vraiment. Sommes-nous libres de nos choix? Qu’en est-il de notre libre arbitre?

Tout était organisé pour exclure les choix, les prises de décision… C’était rassurant

Cette phrase prononcée lors de son voyage en hôpital psy, renvoie à mon sens implicitement (ou pas tellement) à son envie de s’évanouir, sa volonté de s’enfuir loin de cette société qui décide à sa place et à la place des autres. La nature, cet endroit qui reste pur et indemne de toute crasse ou corruption, est la seule à ne pas paraître immonde.


Un baptême réussi, un objet-livre incroyable et un cerveau tout remué. Polza, à la frontière entre personnage grotesque et captivant est au centre d’un premier tome certes déstabilisant mais surtout très efficace. Il me tarde de découvrir la suite, en devinant presque que je n’aurai pas tout à fait les réponses à mes questions. Mais au fond, c’est presque ça que j’attends.

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11 réflexions au sujet de “│J’AI LU│Blast, grasse carcasse”

  1. Un œuvre magnifique de noirceur , d’intelligence et de pudeur. POLZA est un timide, un être qui s’exclut du monde par dégoût de lui même !! Un poids lourd du roman graphic … dans tous les sens du terme !! Profites bien de ta lecture

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