Album/BD, Jeunesse, Non classé

│J’AI LU│Je suis qui ? Je suis quoi ?

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Tu aimes les filles ? Tu aimes les garçons ? Tu ne sais pas trop ? Ton genre, ton corps ne te conviennent pas ? Tu te poses des questions sur ta vie, tes envies… et tu n’oses pas en parler autour de toi ? Ou bien un ou une amie vit cela ?
Ce livre peut t’apporter des réponses. Notre identité n’est pas définie par la personne que l’on aime, ni par son genre. Tu peux être qui tu veux. Et personne ne peut te l’interdire.
À l’heure où la LGBTphobie et l’intolérance gagnent du terrain, un livre nécessaire et engagé, premier du genre en documentaire.

 

Un livre d’utilité publique ? Dans les faits, oui, absolument. Mais… un livre avec quelques petits soucis tout de même. Ne monte pas sur tes grandes licornes jeune padawan, je t’explique…

Lorsque les éditions Casterman m’ont proposé ce livre c’est tout naturellement que j’ai sauté dessus. Faisant partie de la communauté  LGBTQ+ (coucou le + c’est moi hihi, je suis pansexuelle), c’était important pour moi de voir de mes propres mirettes ce que ce livre pouvait raconter ! Dans l’ensemble, y a clairement peu de choses à jeter. Mais… y en a tout de même 3 qui m’ont fait franchement frémir les moustaches.

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Le bouquin est destiné à un public assez jeune, à partir de 12 ans il me semble. C’est très important qu’il existe de tels livres surtout pour des jeunes. C’est très abordable, bienveillant, inclusif, bref à ce niveau chapeau l’artiste ! Comprendre qui on est, « ce que l’on est » c’est parfois un passage un peu compliqué. Certaines personnes le vivent très bien, sont directement hyper bien entourées et tout roule ! Pour d’autres, ça l’est moins. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un entourage proche bienveillant (merci papa, maman vous êtes plutôt des bons vous, bisous), entre autre.

Pour parler de mon expérience personnelle, je me suis jamais trop posée de question. Je vivais à travers ce beau petit prisme hétérocentré mais en me disant que bah les filles elles étaient cool aussi en fait… Peut-être même plus? Mais je ne comprenais pas ce que ça impliquait d’être bi ou homo? Et si j’aime plus les filles mais parfois quand même un peu les garçons vu que je suis sortie avec? Du coup, j’suis quoi ? Et donc là j’ai commencé à m’en poser tout plein des questions, malheur ! Jusqu’à ce que la voix de la sagesse (aka internet) m’explique que la sexualité (et pas que d’ailleurs, mais again, je parle de mon moi personnel) c’est un spectre, que c’est pas blanc ou noir ! Et j’ai alors décidé d’être un fucking fantôme, yes (spectre, fantôme, t’as saisi? ok, pardon). Non, du coup ma lanterne fut éclairée et j’ai arrêté d’intellectualiser tout parce que TOUT ce que tu peux ressentir est valide ! Enfin, sauf les envies de meurtre, par exemple. Là c’est un peu bof.

Pour tous ces aspects, le bouquin est d’une aide conséquente. Ça permet de comprendre que bah oui tous les goûts sont dans la nature, ce que tu ressens ou ne ressens pas c’est valide. Comment tu te sens ou ne te sens pas, devine quoi? C’EST VALIDE AUSSI. Et ça, c’est beau.

Mais y’a donc ces 3 fameuses choses moins jolies…
De un – la page 30 parle de ce fameux sujet plus qu’essentiel j’ai nommé : le con-sen-te-ment. Répète après moi, tous en chœur ! Je passe ma vie à insister sur ça : oui c’est oui (mais ça peut changer), n’importe quoi d’autre c’est non. Et v’là que ce petit bouquin se rend un peu trop maladroit dans ses formulations de phrase. Et la maladresse sur un tel sujet c’est vite dangereux en fait. Premier couac, je cite :

Si l’on comprend que l’on n’a pas VRAIMENT envie d’aller plus loin on peut tout simplement décider de partir

Le « vraiment » était également mis en capitale. Ce qui me chiffonne c’est justement ce terme et la phrase mise dans ce sens-là. Ça laisse potentiellement sous-entendre que c’est seulement si tu n’as pas vraiment envie que tu pourrais partir. Tu vois ce que je veux dire? Pour un public de 12-13 ans c’est vite problématique des phrases tournées ainsi. La notion du consentement c’est pas un truc sur lequel on peut se permettre des généralités, des maladresses, des ambiguïtés. Je pense qu’il eut été plus correct d’écrire « Si l’on comprend que l’on a le moindre doute, on peut tout simplement décider de partir ». J’imagine bien que l’auteur le pensait dans ce sens mais je prends à cœur d’imaginer n’importe quelle conclusion qu’un ou une ado pourrait faire de ceci. À partir du moment où la tournure de phrase pourrait être un rien mal comprise, le sujet abordé me paraît trop important que pour laisser couler ça.

Deuxième point sur le même sujet, page 31 :

« Je ne sais pas » : cela veut dire « non » en général et il ne faut pas essayer de le/la convaincre

À nouveau, le « en général » pose problème. C’est trop vague. Si ce n’est pas oui, c’est non. Toujours. Dire à des ados que « en général ça veut dire non » c’est pas assez clair. Je ne sais pas = non. On prend pas de risque avec des formulations trop ambiguës.

Dernier point, page 24 :

Le seul objectif c’est d’être en accord avec nous-mêmes […], sans faire de mal à qui que ce soit, bien sûr

C’est encore une tournure de phrase trop générale et potentiellement problématique. « Faire du mal à quelqu’un » c’est vague ça. Je me doute bien qu’on parle de douleur physique, genre : aime qui tu es mais évite les assassinats de chatons, merci. Mais pour un ou une ado qui vit dans un environnement peu safe avec, par exemple, des parents pas trop ouverts, lire ceci voudrait surtout dire : sois en accord avec toi mais peut-être pas finalement car ça blesserait tes parents. Franchement bof quoi. Parce que oui, c’est une réalité : bien trop de personnes, parce qu’elles sont trop en colère et/ou blessées, renient totalement leurs proches quand iels font leur coming-out, entre autre. La phrase « faire du mal à quelqu’un » prend alors également son sens alors que ce n’est très certainement pas ainsi que le voyait l’auteur. D’où l’importance de faire bien attention…

Alors, bien sûr pour beaucoup ce seront des futilités. Comme d’autres pourraient être titillés ou pire par d’autres phrases alors que je n’y ai nullement réagi. J’ai décidé d’être honnête sur ce blog, je parle avec ma sensibilité et mon vécu. Je ne l’ai jamais caché !

N’hésite pas à me parler d’autres livres du genre si tu en connais. Salutations petit monstre.

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13 réflexions au sujet de “│J’AI LU│Je suis qui ? Je suis quoi ?”

  1. C’est super intéressant comme genre de livres et très important aussi je trouve. Par contre 14 euros pour 80 pages ? :/ ça me dérange, surtout à destination d’un public plus jeune qui en général a moins les moyens. Après je chicane mais voilà. Je suis en train de lire Magic Charly, c’était 16 euros pour 400 pages quoi x) soyons un peu cohérents.

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      1. Ouais et c’est pas la première fois que je remarque ça avec cet éditeur, c’est le genre de truc qui me fait carrément fuir. Surtout qu’on ne va pas se mentir, c’est pas l’auteur qui va gagner le supplément. Si c’était le cas j’aurai rien dit 😀

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  2. Il peut être cool à lire ce bouquin. Je comprends tes petits points noirs et je suis d’accord avec ce que t’en dis 🙂 m’enfin dans l’ensemble, ça a l’air quand même d’être pas si mal fait ? (t’es d’accord ?)
    Des bisous et ne tuons point des chatons
    Kin

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  3. J’ai prévu de l’acheter, le lire et le filer à ma fille si je trouve qu’il est bien fait. Si ce n’est pas pour elle, ce sera pour ses amis, pour qu’elle puisse comprendre qu’on ne doit pas mettre à l’écart quelqu’un qu’on apprécie parce qu’il est différent et peut-être pour qu’elle puisse les soutenir s’ils ont besoin. Ne nous mentons pas, à cet âge-là, le regard des autres est capital. J’espère que j’apporte assez de tolérance et bienveillance à mes enfants pour que ce genre de critères ne soit pas un motif d’exclusion. J’avoue que cette rentrée au collège pour elle est une étape et que j’ai parfois du mal avec la manière dont elle semble évoluer. Je garde confiance en sachant que ce qu’elle montre à la maison ne reflète probablement pas son comportement à l’école. Tout un sujet. 😁
    Mais je te rejoins sur tes remarques. Quelle perception peut en avoir un ado ?

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    1. C’est une très très bonne idée que de le passer à ses amis également ! Je ne suis pas maman ( et ne le serai très certainement jamais, mais c’est un autre sujet aha) donc je ne peux malheureusement pas me représenter tout ça mais j’admire ta bienveillance et ton implication !

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      1. Mère ou pas, il me paraît important d’apporter des pistes de réflexion ou des éléments de réponse à toutes personnes en ayant besoin. 😁 Je ne dis pas qu’on doit mener les gens à la baguette, simplement être capable de montrer les différents chemins. Je crois que ça peut se faire partout. Mais je ne suis pas un modèle. Mon rôle de mère m’épuise le plus souvent. Ma patience légendaire se fait la malle. Bref. Merci 😉

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      2. Comme ma mère me le dit souvent : « On ne reçoit pas de mode d’emploi pour être un parent infaillible, ce n’est pas possible, notre job c’est de vous donner le maximum de clés pour que vous puissiez vous construire en tant qu’individus » 😀

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