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│GAMING│Hellblade, Senua’s Sacrifice

Hellblade c’est un jeu qui me fait envie depuis que ce trailer est sorti : en 2014. Ça remonte, hein ? Il faudra attendre encore 3 ans avant que le studio Ninja Theory finisse tout ça et propose ce jeu à la vente. Entre temps, j’avais revendu ma console pour mettre des sous de côté pour adopter mon chien ! Fort heureusement, mon copain étant quelqu’un de fort chouette et doté de bons goûts, il s’est offert le jeu il y a peu et m’a permis d’y jouer (il est trop gentil, n’est-ce point?).

L’idée de base est carrément séduisante : un décor et une mythologie nordique avec une héroïne bad-ass qui souhaite ramener son amant d’entre les morts. Sauf que ladite héroïne possède une particularité et c’est ce qui fait toute l’originalité du jeu : le monde de la psychose. Pour une expérience plus immersive, il est conseillé de porter un casque et je ne peux qu’approuver. Des voix s’insinuent constamment dans la tête de Senua, la guidant ou non, mais dans tous les cas il faut y faire attention. Elle expérimente également un tas d’hallucinations, d’épisodes de dépersonnalisation et de psychose tout au long de l’aventure.

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C’est une réelle volonté des producteurs qui se sont rapprochés de personnes vivant avec des maladies mentales pour dépeindre cela au mieux. Comme beaucoup d’autres sujets, les troubles mentaux ne sont que très peu (voire pas du tout) illustrés dans les jeux vidéos : c’est hyper important qu’ils le soient mais avec le recul je dois bien avouer que je suis de moins en moins convaincue par les choix qui ont été fait. En construisant cette chronique, je suis tombée sur cet article écrit par une personne directement concernée qui va dans ce sens. Il est en anglais malheureusement et beaucoup trop long pour que je te le traduise mais je vais au moins citer le dernier paragraphe qui conclut la problématique.

Il nous faut des jeux qui ne nous font pas nous demander si nos identités ont été utilisées contre nous pour l’amusement des autres. Il nous faut des jeux qui, même s’ils ne nous sont pas spécifiquement désignés, nous traitent comme des êtres humains. Il faut que cette diversité de personnages (et le fait qu’ils représentent des gens marginalisés) soit traitée avec respect en tant qu’individus à part entière. Il nous faut des jeux qui veuillent comprendre et pas juste simuler.

T’as vu, j’fais même un boulot de traduction rien que pour toi, c’est pas beau ça? En gros, le soucis c’est bien que l’utilisation de la maladie mentale dans son sens large n’a aucune espèce d’intérêt au final à part d’un point de vue divertissement. Les choix faits abondent malheureusement dans le sens des stigmas et stéréotypes existants déjà…

Ce serait mentir que d’affirmer que je n’ai du coup pas apprécié le jeu. Je l’ai fini en moins de 10h et j’ai bien aimé le gameplay bien que redondant au bout d’un moment (heureusement, l’histoire s’achève pile quand il faut!) C’est en faisant marcher mes méninges après que je me suis rendue compte de la problématique surtout quand je l’ai transposée à d’autres sujets tout aussi tabous qui me touchent plus personnellement (l’autisme, la dépression, les troubles du comportement alimentaire et l’anxiété généralisée par exemple). Je pense que si les studios avaient abandonné l’idée de mettre la psychose comme moteur du jeu, ça aurait peut-être été plus sage… Comme le dit la personne qui a écrit l’article que je mentionnais donc plus haut : on ne peut pas juste se contenter d’en parler comme d’une allégorie car au final cela blesse plus que cela ne sert. Il faut que ce soit plus qu’une « excuse » pour un type de gameplay mais que cela s’inscrive dans une démarche engagée.

Je dois toutefois faire une mention spéciale à David Garcia qui a fait la bande-originale du jeu. Si tu penses avoir déjà lu ce nom ici, tu as bien raison : c’est aussi le compositeur de Arise, a Simple Story dont je t’ai parlé en décembre ici. Ce mec est un véritable génie, le méga combat final avec sa musique en fond c’est du pur délice. Voilà, ça c’est dit.

Au final, j’ai bien du mal à prendre position concernant ce jeu de part toutes les questions presque éthiques qu’il soulève. Si je mets mon cerveau et empathie en pause je peux dire : oui, c’était plutôt cool. Mais bon… dans les faits…

Et toi ? Même sans y avoir joué, qu’en penses-tu?

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6 réflexions au sujet de “│GAMING│Hellblade, Senua’s Sacrifice”

  1. Je ne connaissais ni le jeu ni la polémique autour, et je dois t’avouer que sans y avoir joué, je ne sais guère quoi en penser même si je comprends que des personnes souffrant du même genre de trouble aient pu être blessées…

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