LECTURES, Science-fiction

│J’AI LU│Yardam

yardam

4e_couverture

À Yardam, la folie est sexuellement transmissible.
La population est piégée par la quarantaine dans l’espoir d’endiguer l’épidémie.
Porteur du virus, Kazan se débat avec ses démons au point qu’il ne sait plus s’il les aime ou s’il les hait. Le salut viendra-t-il de ce couple de médecins étrangers venus s’enfermer volontairement dans la cité pour trouver un remède au terrible mal qui s’étend entre ses murs ?


Je suis un peu à la bourre concernant ce bouquin. Il avait eu droit à une première sortie au début du confinement mais les éditions Scrineo ont souhaité lui offrir une deuxième sortie sous le feu des projecteurs dès la réouverture des librairies ! Je dois dire que cela m’arrangeait car si le livre me faisait fort envie, le contexte confinement tout ça ne m’enjaillais pas tellement pour le découvrir. Avoir un prétexte pour repousser un peu sa lecture tombait pile-poil pour moi !

Bon, le confinement est toujours d’actualité au moment où j’écris cet article donc je l’ai lu dans des conditions un peu pas idéales. Je m’explique… La quatrième de couverture te donne déjà le topo, on parle de quarantaine, de virus, de folie. SUPER QUAND TU ES DÉJÀ BOUFFÉE PAR L’ANXIÉTÉ. Et je t’avoue que j’ai eu du mal au départ, j’ai même cru que j’allais me dégonfler et prévenir les éditions Scrineo que je ne parvenais pas à le lire en ce moment… MAIS. La magie Aurélie Wellenstein a opéré.

Alors, j’ai entendu mais tellement de blogueur•euse•s couvrir cette autrice de moults compliments. Je n’avais jamais rien lu d’elle et j’étais donc curieuse de voir ce qu’elle avait de si spécial. Bon bah. Pour faire court… elle te balade comme elle veut, où elle veut rien qu’avec ses petits mots. C’était grandiose. Je me rappelle encore avoir dit à Ermie (son blog est juste ici) que j’étais ‘à peine à la page 40’ et que je savais pas comment j’allais arriver au bout. Puis bah le lendemain… j’ai repris le livre, j’ai cligné des yeux et j’étais page 250. J’ai compris une seule chose sur ce qui venait de m’arriver : je venais d’être VICTIME DE MAGIE NOIRE OU BLANCHE. HELP. Voilà. C’est dit. Aurélie Wellenstein, vous êtes une magicienne des mots.

Kazan est un homme qui a été contaminé par un mal inconnu. Se transmettant par voie sexuelle, les malades deviennent des dévoreurs d’âmes. Ils embrassent leurs victimes et les dépouillent de leurs souvenirs pour ne laisser que leur enveloppe corporelle vide : ce sont les coquilles. Le dévoreur d’âme se sera alors approprié l’ensemble de la mémoire de sa proie. Il peut réitérer à plusieurs reprises l’expérience mais en gardant à l’esprit que chaque victime représente une nouvelle voix qui viendra peupler sa petite tête. Au final, la plupart virent fous et s’explose le crâne, incapables de supporter les voix de plus en plus nombreuses de leurs victimes.

Toutefois je continue de penser que ce livre reste pour un public relativement averti. Le résumé laisse présager une partie de ce qu’il se passe mais il reste quand même fort en surface. L’histoire comptabilise pas mal de scènes assez violentes et explicites (en mode cervelle qui dégouline hors de la boîte crânienne, de ce goût-là) et de sexe assez détaillées. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est terriblement gore mais c’est pas gentillet non plus, tout simplement. Donc si tu es particulièrement sensible, ce ne sera peut-être pas la lecture idéale pour toi. Pour ma part, j’ai surtout été mal à l’aise lors des passages relatifs à la ‘folie’ dont est atteint Kazan, le héros. La période n’aide pas, je ne suis moi-même pas au top de ma santé mentale, je ne le cache pas. Aurélie Wellenstein nous plonge avec un peu trop de talent dans la psyché de ses personnages et le but c’est bien qu’on en ressorte perturbés. Pour le coup, le lecteur fait vraiment face à une foule de comportements plus interpellants les uns que les autres. L’être humain est confronté à des choix éthiques et moraux : la science peut-elle s’octroyer un droit de vie ou de morts sur des cas médicaux afin de pouvoir potentiellement sauver un plus grand nombre de personnes ? Ce que la maladie d’une personne l’oblige à faire la rend-t-elle responsable de ses actes ? J’ai trouvé ça intelligent.

Je regrette juste la fin. J’ai ressenti une espèce d’essoufflement une fois arrivée aux cent dernières pages. Je n’ai pas été convaincue par la tournure des événements. J’ai l’impression que pas mal d’interrogations restent sans réponse. C’est possible que ce soit ce que l’autrice recherchait, après réflexion. Mais ça m’a plus frustrée qu’autre chose. Une grosse rigueur semble avoir été fournie pour la quasi-totalité du roman mais on dirait qu’on lâche le lecteur vers la fin avec un : « Tiens débrouille-toi maintenant ». C’est là que le bât blessait un peu.

Ce que je retiens c’est l’aisance troublante de l’autrice pour manipuler ses personnages, ses mots et son lecteur. C’est certain que ça m’a poussée à vouloir découvrir plus de ses titres. Yardam fut une lecture pour le moins étonnante tant la psychologie des personnages est poussée à son paroxysme. Je suis un tantinet déçue concernant la fin qui souffre de quelques facilités scénaristiques mais le reste de l’histoire contre-balance bien, par chance !

signature_02

 

9 réflexions au sujet de “│J’AI LU│Yardam”

  1. D’ABORD ton article est vraiment bien écrit. Comme d’habitude me diras tu, mais là j’ai trouvé ta chronique particulièrement remarquable!
    that being said, je pense finalement m’abstenir de lire ce roman pour l’instant, bien qu’il me faisait envie 😦 j’ai sans doute le coeur trop fragile hihi

    J'aime

    1. Oh merci, c’est adorable ! J’essaie de me dépasser à ce sujet, ravie que ça se remarque !

      Te connaissant un tout petit peu, je pense que c’est pas le moment idéal pour que tu puisses l’apprécier mais sinon why not ! 😀

      Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s