Fantastique, Horreur, LECTURES, Young-adult

│J’AI LU │The Dead House

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Une vingtaine d’années s’est écoulée depuis que l’enfer s’est abattu sur le lycée Elmbridge, emportant la vie de trois élèves et laissant Carly Johnson portée disparue. La principale suspecte : Kaitlyn, « la fille de nulle part. »
Le journal de Kaitlyn, découvert dans les ruines, révèle un esprit perturbé. Ses pages racontent une nouvelle version de l’histoire, bien plus sinistre et tragique, et la fille de nulle part se retrouve au centre de tout. Beaucoup disent qu’elle n’existe pas, et d’une certaine manière, c’est vrai – elle est l’alter ego de Carly Johnson.
Carly est là le jour, laissant place à Kaitlyn la nuit. Et c’est durant la nuit que le mystère de la Maison Morte se dévoile, fruit d’une magie sombre et dangereuse.


Je découvre les Éditions du Chat Noir avec ce premier récit. Catégorisé par mes comparses blogueurs comme « plutôt angoissant, voire flippant à souhait », c’est tout naturellement que j’ai sauté sur lui lorsque tout le catalogue de la ME s’est retrouvé en promo (à 1.99€ l’e-book, tu imagines bien). S’il ne fut pas un coup de coeur, il n’en fut pas moins un excellent moment de lecture !

Pour faire court, tu te retrouves avec deux héroïnes pour le prix d’une. Ou d’une pour le prix de deux. C’est bien compliqué tout ça. Plus sérieusement, l’être humain nommé Carly souffre de TDI – troubles dissociatifs de l’identité – et laisse la place dès la nuit venue à son alter : Kaitlyn. Si tu n’es pas familier avec ce trouble, je ne peux que te conseiller de faire quelques recherches rapidos parce qu’il est réellement troublant. Le cerveau humain est fascinant. Et tu sais ce qui est tout aussi fascinant ? La façon dont l’autrice se joue de nous en titillant de très près la frontière entre médecine, le réel et l’occulte, le paranormal.

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ça c’est la frontière et l’autrice elle est comme ça dessus. nice, hein?

La narration est particulière. Dans le sens où le livre est en fait un assemblage de rapports de police, d’interrogations diverses dans le cadre de l’enquête, d’extraits du journal intime de l’héroïne, de décryptages de vidéos mais aussi les observations de la psychiatre de Carly/Kaitlyn. J’aime tout particulièrement ce type de roman. L’alternance entre ces passages très personnels des deux personnalités et les rapports beaucoup plus rationnels de la police et de sa psychiatre accentue cet aspect déroutant et incertain. L’autrice mise vraiment tout sur cette instabilité en remettant en question les limites du réel. Quand on pense qu’elle ne peut plus nous balader davantage, elle nous prouve le contraire. Il y a quelque chose d’étouffant ou presque qui se dégage de ce livre qui joue avec nos certitudes. Au final, l’existence de ces deux personnalités ne se résume pas à un diagnostic psychiatrique mais il s’agirait bien de deux âmes coincées dans un seul corps. En tout cas, c’est ainsi que Carly et Kaitlyn se considèrent et cette idée est partagée par Naida, leur amie et d’autres personnages que tu auras le loisir de rencontrer à ton aise.

À la confusion qui règne déjà quand on tente de cerner l’héroïne, s’ajoute celle concernant tous ses compatriotes-compotes. L’aspect ésotérique et occulte nous est surtout introduit grâce à Naida. Je ne t’en dis pas plus. L’histoire se résume une fois de plus à un méli-mélo de doutes et mystères qui ne planent plus seulement sur Carly et Kaitlyn mais l’ensemble de ses amis. Donc, si c’était pas déjà assez clair : ce livre est tout à fait prévu pour te retourner gratuitement le cerveau. Et il fait ça bien.

Je regrette un rien du tout que l’aspect horrifique ne soit pas davantage exploré. J’ai un goût de trop peu à ce sujet là. L’ambiance bien qu’à la limite de l’oppressante ne m’a pas empêchée de dormir et j’aurais bien voulu ehe. Mais ça c’est bien parce que j’aime souffrir. Le glauque et dérangeant qui s’y trouvent sont suffisant pour nous coller des frissons mais pas de quoi virer parano non plus à mon sens ! C’est toutefois certain que l’autrice est particulièrement à l’aise dans cet univers un peu morbide. On peut lui reconnaître une rigueur colossale au niveau de la construction de ses personnages et de leur psychologie. À ce niveau-là, le travail n’a pas été fait à moitié, c’est réellement impressionnant.

J’espère ne pas m’aventurer à devenir responsable de tes futurs cauchemars en te disant que c’est vraiment un livre qui vaut la peine d’être découvert. Rien que concernant l’aisance naturelle de l’autrice à te faire perdre ton calme, par exemple ! Viens donc te perdre dans Dead House toi aussi…

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14 réflexions au sujet de “│J’AI LU │The Dead House”

      1. Il est hyper différent et en même temps tu reconnais son talent pour les ambiances. J’ai bien aimé les deux mais mon favori reste Dead House :3 Je me réjouis de lire ta chronique sur l’autre du coup !

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  1. Aux mots « trouble de la personnalité », j’étais séduite ! D’autant que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire les Éditions du Chat noir encore. Si ce sujet est traité de façon très intéressante, et ça en a l’air, je suis d’autant plus curieuse, ce trouble m’intrigue depuis que je l’ai découvert avec Les 1001 vies de Billy Milligan. Et j’adore aussi la multiplicité des narrations, ou de leurs formes. Ça ne fait pas du bien à ma PAL, ça ! Merci pour cette découverte.

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  2. J’avais entendu parler de ce livre sans vraiment m’y intéresser mais là tu as réussi à éveiller ma curiosité donc je vais de ce pas aller me le procurer ! En tout cas sache que ma PAL ne te remercie pas…

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