Young-adult

│J’AI LU│Par le feu

par_le_feu

4e_couverture

Avant, elle vivait derrière la clôture.
Elle n’avait pas le droit de quitter la Base.
Ni de parler à qui que ce soit.
Parce que Père John contrôlait tout et qu’il établissait des règles.
Lui désobéir pouvait avoir des conséquences terribles.
Puis il y a eu les mensonges de Père John.
Puis il y a eu le feu…


Je remercie la personne qui m’avait chaudement recommandé ce livre. Je ne sais plus qui c’est mais MERCI. Parce que ce livre était bouleversant, j’en ai eu le coeur retourné… Je pense que je ne me serais jamais arrêtée dessus et ô combien regrettable cela aurait été.

Moonbeam a grandi la majeure partie de sa vie sur la Base. Son père avait entendu le discours du Père Patrick à une époque, puis en deux secondes et des brouettes ça y était, il avait trouvé la Voie Juste. Il avait alors supplié sa femme de l’accompagner écouter ce fameux Patrick… Vaincue, elle avait fini par le suivre avec leur fille et boum, voilà que cela signe le début de leur vie au sein de la Légion du Seigneur. Avec Monsieur Patrick, c’était pas trop trop cata mais le Père John… une toute autre paire de manche. Il parvient à évincer son prédécesseur et ainsi commence un long et insidieux endoctrinement. Interdit d’aller à l’Extérieur, d’avoir accès à la télévision ou au téléphone et surtout se préparer pour la grande guéguerre contre les Enfants du Serpent de l’Extérieur qui ne veulent que les anéantir. On sent venir l’aspect secte, tout ça ? Ça finit par partir en cacahuète là-bas, la police fait une descente et c’est un réel carnage. On rejoint Moonbeam peu de temps après ce chaos. Elle et certains enfants de la Base séjournent dans un hôpital le temps de se remettre de tous ces traumatismes.

Et bon sang, y a de quoi en avoir des traumas… Le récit est écrit à la première personne, voyage gratuit tout droit dans les souvenirs et pensées de Moonbeam. Il faut aussi savoir que l’histoire est inspirée de faits réels : le Siège de Waco, ça te dit quelque chose ? Sympathique petit affront entre le gouvernement américain et la Secte de Waco dont la résultante fut un incendie et plusieurs morts. Se dire qu’un tel événement s’est produit, c’est déjà flippant. Moonbeam n’a pas réellement existé mais elle aurait pu. L’auteur s’est admirablement bien débrouillé pour faire peser les doutes, l’incertitude et la détresse de son héroïne. Tout semblait plausible, authentique mais également si horrible et effrayant. Le personnage du Père John fait sacrément froid dans le dos… On fait réellement face à quelqu’un de tout ce qu’il y a de plus malveillant et, oserais-je dire, de pervers en l’être humain. Quelque part, je dois aussi avouer que ça fait appel à une certaine fascination malsaine… se demander comment un homme se retrouve à profiter de la vulnérabilité d’autres personnes, se montrer aussi mauvais. Ce livre est un vrai condensé d’émotions parfois très noires mais aussi très bleuesvertesrouges positives.

Moonbeam est une jeune fille troublante, intelligente et bigrement forte. Je suis vraiment difficile avec les personnages de roman, j’avais beaucoup d’appréhension à son sujet sans trop savoir pourquoi. Sûrement peur d’être dans le pathos pendant 500 pages non stop… Mais elle m’a bluffée. Elle est loin d’être sans faille ou d’être une wonderwoman incroyable. Son chagrin et son angoisse se ressentent infiniment sans pourtant partir dans un mélodrame accablant. Elle paraît juste si humaine, c’en était bouleversant. Big up à son psychiatre également. J’ai souvent l’impression que les rôles de professionnels de la santé mentale sont stéréotypés de manière très péjorative dans les romans. Après, très clairement, je suis loin de prétendre que tout le monde il est rose et zentil dans la vraie vie, j’ai moi-même été confrontée à des professionnels de la santé (mentale ou non) aussi tendres que des manches à chiotte. Mais c’est vraiment sympa de tomber sur quelqu’un de bienveillant ainsi. Ça m’a même semblé louche, je me suis mise à douter de lui plusieurs fois, un peu comme Moonbeam qui devait remettre en question tout ce qui a été conditionné chez elle. Il y a également un agent fédéral qui se ramène pour questionner l’héroïne, il est un peu moins délicat que le psychiatre mais il restait hyper intéressant. J’ai fort apprécié le rôle qu’il a joué dans la convalescence de Moonbeam.

C’est donc un récit qui se veut alarmant, dérangeant à bien des égards. Ce qui était le plus plaisant à voir, c’est bien la douce rémission de l’héroïne qui se montre très courageuse. Sourires et larmes ont ponctué ma lecture, c’était vraiment quelque chose de curieux. Inédit. Je recommande définitivement ce titre, il n’est pas assez connu à mon goût et c’est bien dommage !

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9 réflexions au sujet de “│J’AI LU│Par le feu”

  1. Je l’ai dans ma wishlist depuis pas mal de temps, je ne savais même pas que tu le connaissais hihi ! Ta chronique donne super envie en tout cas… une lecture pour moi à ton avis ? (je demande on sait jamais avec mon ptit coeur trop sensible)

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    1. On m’en a parlé il y a vraiment pas longtemps via insta ! Et je pense que oui, ça reste difficile à lire pour une personne empathique et hypersensible mais justement, je pense que ça nous permet de saisir l’histoire comme nul autre.

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      1. aha ça m’aide beaucoup ça ! Bon je verrai, pour l’instant il me fait toujours de l’oeil, je le garde dans ma wishlist 🙂

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