GAMING

│GAMING│Journey

journey


Je ne sais pas quoi dire. Je ne m’attendais à rien et je finis sur les fesses. Journey nous a été offert durant le confinement par Sony (avec les trois premiers Uncharted), ayant adoré Arise : A Simple Story qui possède quelque part la même essence, j’étais très enthousiaste à l’idée de tenter celui-ci.

J’ai très vite été prise au dépourvu, dès l’écran de démarrage affiché à vrai dire… Je ne connaissais rien du jeu, vraiment pas une seule chose. J’ai rapidement compris que les concepteurs avaient eu la volonté d’épurer le game-play au maximum. Le menu ne te propose littéralement que de démarrer ton périple, pour te laisser, face à toi-même, dans cette immensité sablée.

Face à soi-même ? Oui et non. S’il est clair que l’expérience se veut la plus immersive possible – déparasitée de tout contenu superflu, un réel retour à l’essentiel le plus brut – tu ne te retrouveras pas réellement seul. La principale magie qui réside dans cette expérience hors du commun, c’est son mécanisme de coopération original. Tu n’auras pas la possibilité de jouer en multi avec la personne de ton choix, ce serait trop simple. En revanche, l’algorithme du jeu mettra sur ton chemin une personne au hasard, à la même progression que toi, et tu pourras décider de partager ton périple avec ou de l’ignorer. Mais je t’en conjure. Ne passe pas à côté de cette dimension du jeu… Au départ, j’ai cru que c’étaient des NPC comme les autres, mais non. Coupés de notre possibilité de communiquer, pouvant nous faire comprendre uniquement par de bref sons en appuyant plus ou moins longuement sur la touche Cercle : c’était tellement particulier, moi qui déteste habituellement le multi-joueurs, j’ai pris mon pied. C’est juste tellement approprié que Sony l’ait offert durant le confinement et je ne le comprends que maintenant. Journey nous propose de vivre cette aventure avec quelqu’un qui n’a pas de visage, pas de nom, de genre, de croyance. Quelqu’un qui ne nous laisse pas seul, qui nous accompagne dans ce paysage incertain. J’en chiale tellement c’est du génie.

Notre personnage se retrouve face à d’interminables déserts, des vestiges d’anciennes civilisations. Ponctuée de rencontres avec des créatures étranges au tissu rouge, cette histoire nous invite à interagir avec notre décor pour progresser. Il n’y a pas vraiment de mode d’emploi, pas de règle à suivre. C’est très déconcertant, au départ. J’ai gardé longtemps le sentiment de ne ‘rien comprendre à ce que je fabriquais’ mais je continuais tout de même. Le game-play est tellement instinctif que tu ne peux que te retrouver embarqué pour ce voyage hors du temps. La durée de vie du jeu est, par ailleurs, très limitée : en moyenne 2 à 3h, si tu prends plus ou moins le temps de savourer. C’est peut-être le seul aspect négatif, bien que compréhensible, une fois que l’on saisit le ‘but’ du jeu. Cela permet aussi d’y rejouer une seconde fois, tant le final nous laisse transis d’émotions, toutes plus contradictoires les unes que les autres.

Je n’ai jamais connu telle sensation de paix, félicité et apaisement qu’à l’achèvement de mon périple. Je suis restée face à mon écran, le générique de fin défilant devant mes yeux emplis de larmes. Je venais de participer à une expérience indéfinissable. Journey est un jeu qui demande au joueur d’oublier tout ce qu’il connait en matière de jeu-vidéo pour pouvoir réinventer sa propre histoire. Un jeu qui se savoure, se vit, se pleure. Évidemment, je dois conclure en mentionnant le compositeur de la bande-originale : Austin Wintory. Voilà. Juste je le mentionne. Et je laisse ce titre parler pour lui-même.

signature_02

5 réflexions au sujet de “│GAMING│Journey”

  1. Journey est une petite merveille. J’ai dû le faire deux trois fois, il est toujours aussi beau, envoûtant, artistique et poignant à la fois. Quête initiatique, cycle éternel, mort et vie, le début et la fin d’une civilisation… il est tellement universel et simple dans sa façon de nous parler, de nous décrire son monde…
    Si tu en as l’occasion, je te conseille de voir sur Youtube la vidéo sur ce jeu par Pixel Life Stories : la youtube part de l’artbook du jeu pour expliquer sa conception, la création du personnage, sa manière de raconter l’histoire… c’est passionnant !

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s