LECTURES, Young-adult

| J’AI LU | La rumeur qui me suit

Nouveau lycée : OK
Nouvelle ville : OK
Nouveau nom : OK
Réseaux sociaux : Effacés

Lorqu’elle débarque au lycée St Margaret au milieu de l’année scolaire, Anna Clark est un mystère. Pas de passé, pas d’ancienne adresse, pas de téléphone pour la joindre ou de profil Facebook pour la suivre. Impossible de la relier à son ancienne vie, à ce qui lui est arrivé…
Jusqu’à ce que tout recommence.


Bon. Casterman fait fort. Merci Casterman pour cet envoi et surtout pour cette publication.

Ce livre ne débutait pourtant pas particulièrement bien. La première centaine de pages comporte quelques longueurs qui ont freiné mon enthousiasme. Le rythme n’est pas vraiment des plus soutenus non plus. J’accrochais cependant plutôt bien avec l’héroïne, ç’a nettement facilité la poursuite de ma lecture. Être dans la tête d’Anna Clark s’avérait un exercice intéressant. Même pour le lecteur, elle reste une énigme pendant un bon moment. Les détails de son passé ne sont pas révélés d’entrée de jeu ce qui permet de faire monter un espèce de suspens bienvenu. Au départ, l’accent est mis sur son déménagement, sa cohabitation avec sa maman et leur envie de se reconstruire, d’aller vers l’avant. Il y a donc pas mal de blabla et une certaine absence de dynamisme. Cependant, je me suis laissée prendre au jeu.

Disons le clairement : ça en valait la peine. Y a une multitude de sujets terriblement importants qui sont abordés dans ce livre. Ils ont quasiment tous résonné en moi. C’est le moment idéal pour te glisser l’un ou l’autre Trigger Warning, il est appréciable de savoir que ce titre comporte pléthore de scènes de type : slut-shaming, harcèlement scolaire et sexuel, agression sexuelle et viol, revenge porn. Tu t’aperçois donc que l’histoire paraît couvrir divers thèmes. C’est bien le cas et c’est un choix à la fois judicieux, mais surtout risqué. Si cette multitude de sujets abordés finissent par être reliés, cela reste fort probable qu’ils ne soient pas tous exploités de manière approfondie. La rumeur qui me suit en est un exemple… À vouloir parler de tout, certains domaines ne sont pas couverts aussi rigoureusement qu’ils le méritent. En même temps, je comprends cette quasi nécessité de caser à tout prix tous ces sujets dans un seul récit. Il est difficile de faire un choix car tout est lié. Ne pas parler de slut-shaming quand on aborde le harcèlement sexuel, par exemple, me paraît difficilement envisageable. Et du coup, comment parler de slut-shaming sans aussi parler de body-shaming. Puis, il faut fatalement voir plus grand et parler de féminisme en général… On se prend une folle quantité d’informations à digérer, mais parfois accompagnées de la sensation que certaines mentions ne sont qu’à peine effleurées…

Notons également que le rythme s’accélère nettement – voire même, s’affole tout à fait -, lorsque le passé d’Anna éclate au grand jour. Le récit prend une tournure presque chaotique, à l’image de la détresse que ressent l’héroïne. Un passage où elle est assaillie d’injures succède à un autre, où elle entend que ce qui lui arrive est de sa faute, suivi d’une énième publication en son nom sur un faux profil d’un montage photo d’elle. Et rebelote, indéfiniment. Là, ce n’est qu’un mince aperçu et je reste tout à fait correcte dans mes explications. Correcte, dans le sens où l’autrice, elle, donne une représentation adéquate, crue, terrible de ce qu’une personne subissant du harcèlement peut vivre. L’héroïne n’est pas ménagée, le lecteur non plus. Vers la fin, plus la situation devenait hors de contrôle, plus j’avais l’impression de suffoquer. L’autrice a fait un job admirable pour dépeindre l’angoisse de son personnage. J’avais la crainte de lire moult pages de détresse émotionnelle sans arriver à compatir avec l’héroïne. Comment dire ? Au final, j’ai ressenti plus que ce que je n’attendais. Nul doute que ce récit affectera bien des personnes.

Y a une dimension fantastique qui est assez vite introduite dans le roman. Un parallèle est créé entre le féminisme et la chasse au sorcière. J’ai apprécié cet ajout, bien qu’il contribue malgré lui à la sensation évoquée plus haut de « trop d’informations pour pas assez d’approfondissement ». Je n’ai pas vraiment eu l’impression que ces passages avaient une réelle conclusion ou explication.

C’est un roman que je ne regrette clairement pas d’avoir lu. Il m’a profondément marquée, la plume de l’autrice est acérée et diablement efficace. Le final m’a permis de lâcher un profond soupir de soulagement. Les bons mots ont été trouvés à la fois par l’héroïne mais aussi les autres personnages. J’ai été submergée d’émotions pendant toute la deuxième moitié du bouquin et la féministe en moi a fait moult bonds de joie. Les quelques points négatifs que j’ai mentionnés paraissent au final anecdotiques car ils ont à peine entaché ma lecture. Merci Casterman !

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