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| J’AI VU | Suspiria (2018)


Je voue un culte sans pareil à Dakota Johnson. Voilà c’est dit. J’ai un crush gigantissime sur cette actrice que je ne m’explique pas. Quand j’ai appris qu’un remake de Suspiria, à l’origine sorti en 1977, allait paraître avec Dakota dans le rôle principal : j’étais joie, bonheur et amour. Je voulais à tout prix aller le voir sur grand écran mais la vie a fait que je n’ai pas pu. Cimer Amazon Prime de le proposer sur sa plateforme, j’ai pu enfin visionner cette beauté. Et non, ne t’imagine pas directement que mon avis est biaisé à cause de la présence de Dakota. Je suis loin d’apprécier tous ses films mais Suspiria frappe fort, à sa façon.

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Je n’avais pas spécialement d’attente concernant ce film, j’étais ouverte à toute proposition et avait surtout hâte de voir s’il allait me surprendre. Il faut tout de même savoir qu’il est long. Vraiment long. Si tu as l’habitude de traîner sur mes chroniques cinéma, tu sais que les films et moi ça fait cinquante-trois : j’ai une capacité de concentration proche du néant quand on en vient aux longs-métrages. Il me faut souvent m’y reprendre à deux ou trois fois pour regarder l’entièreté d’un film. Figure-toi que, étonnamment, les deux heures trente de Suspiria m’ont semblé filer en un clin d’oeil. Le film est tellement particulier que me suis retrouvée prise au piège dans cette école de danse, moi aussi.

C’est donc ça l’idée. Susie atterrit dans une école de danse à Berlin, elle remplace une danseuse qui a mystérieusement disparue. De ce qu’on sait, elle semblait également plutôt dérangée et était suivie par un psychiatre qui ne démord pas de son idée : cette école de danse est remplie de sorcières. Merveilleux. Susie, en plus d’être victime de cauchemars depuis son arrivée, attire très vite l’attention de Madame Blanc (interprétée par la brillante Tilda Swinton, qui joue pas moins de trois rôles différents dans ce film, du génie). Cette dernière souhaite qu’elle devienne le joyau de leur prochain spectacle, et pas que… Pour découvrir quelles sont les ambitions morbides de Madame Blanc à son égard, il te faudra le regarder par toi-même !

Je disais : merveilleux. En effet, au-delà de la dimension horrifique du film, c’est surtout, à mon sens, une réalisation qui s’impose comme terriblement féministe. Le thème de la sorcellerie, souvent associé aux femmes, est manipulé à foison à travers la culture et Suspiria se démarque quelque peu. Il est souvent admis qu’une sorcière est un personnage terrible, responsable de tous les maux du monde. Quelque chose d’inexplicable : SORCELLERIE. Quelque chose de mauvais, une épidémie, des morts : SORCELLERIE. Mais en réalité, n’importe quelle femme qui en imposait et qui faisait flipper la gente masculine se voyait affublée du titre de sorcière. Suspiria joue brillamment avec cette idée. L’école de danse ne comporte que des femmes de tout horizon et tu remarqueras vite plus d’une ligne glissées par les personnages qui donnent cette volonté de girl-empowerment. La personnalité d’un•e artiste donne d’autant plus cette impression d’être insaisissable, souvent incomprise. Et ce qui n’est pas compris, tu l’as deviné : SORCELLERIE. C’est drôlement intelligent, pertinent, voire même provocateur. La présence masculine du psychiatre (enfin, en ayant conscience qu’il s’agit à nouveau de Tilda Swinton) illustre parfaitement la délégitimation des hommes à l’égard des femmes.

When women tell you the truth, you don’t pity them. You tell them they have delusions!

Suspira prend presque une dimension de film d’auteur. Je n’ai pas vraiment reconnu les codes habituels des films d’horreur récents, et ce, pour mon plus grand bonheur. J’étais prête à accueillir n’importe quelle surprise et c’est cet état d’esprit qui m’a permis de retirer le meilleur de ce titre. Dakota Johnson livre une prestation touchante, énigmatique et puissante. Tilda Swinton ne manque pas d’épater de par sa versatilité et son talent qui n’est plus à prouver. La courte présence de Chloë Grace Moretz fut également agréablement surprenante. Le final joue la carte du gore en révélant toutefois une certaine poésie. Tout n’est pas parfaitement lisible dans ce film. Le rythme est particulier, lent mais accrocheur, pour qui sait le savourer. Il faut être prêt à livrer une certaine analyse, d’autant plus que le contexte choisi est sujet à polémique et beaucoup remettent en question sa pertinence.

C’est donc un film que je recommande, mais uniquement pour un spectateur qui accepte d’être réellement impliqué dans son processus de réception. On ne peut, à mon sens, pas vraiment se contenter de se poser devant sans vouloir produire du sens à notre échelle. Attention, je ne dis pas qu’il est contraignant, mais plutôt qu’il demande une forte ouverture d’esprit et disponibilité mentale afin de saisir sa complexité. Sans quoi, il ne paraît guère plus qu’un ramassis de longueurs incompréhensibles.

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