Review > 13 Reasons Why

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Titre: Treize raisons

Auteur: Jay Asher

Editions: Albin Michel

Lu en: Format numérique

Date de parution originale: Octobre 2007

Prix Amazon: Format papier, 14.50 / Format numérique, 10.99

Cotation: 17/20

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Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influés sur son geste. Et Clay en fait partie. D’abord effrayé, il écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer.

Elle est morte. Pour treizes raisons. Tu es l’une d’elles.

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 Ayant été vraiment remuée par la série, je devais absolument lire le livre.

Je suis donc obligée de t’annoncer que le livre est aussi bouleversant que son adaptation.

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(oui, oui, je t’assure)

L’histoire est toujours du point de vue de Clay, qui, comme d’autres avant lui, découvre les 13 enregistrements que sa défunte amie leur laisse sur les raisons de son suicide.

Dès le début on sait qu’on ne saura pas lâcher cette lecture et qu’on n’en sortira pas indemne.

J’ai vraiment aimé redécouvrir Clay sous un point de vue plus développé et mieux défini.
Le roman laisse place à toute la densité de sa pensée, ce qui, dans la série, était un peu en retrait.
En réalité, Clay est mille fois plus touchant ici. Les paroles d’Hannah sont entrecoupées par le flot de ses pensées qui sont toujours à deux doigts de nous briser le coeur, tant elles semblent authentiques.

Ce qui m’a manqué c’est peut-être la trame secondaire de la série, qui met en scène les personnages dans leur vie actuelle avec l’apparition des parents qui sont, dans le livre, totalement absents. Je pense avoir noté qu’on ne les mentionne que très brièvement deux fois tout au plus. Or ils apportent une dimension plus « personnelle » au deuil que tous portent.

Les enregistrements sont assez courts mais très percutants. L’auteur ne nous perd pas sous des tonnes de détails, mais, en même temps, ce n’est pas le but d’Hannah non plus. Elle veut être claire, précise et surtout décrire sa vérité, que tout le monde a déformé au fil du temps.
L’histoire d’Hannah est réellement émouvante.
On ressent très clairement sa détresse, sa colère, sa lassitude, sa peur, sa tristesse, sa résolution…

Un bémol, parfois (peu de fois, mais je me dois de le relever), les actions d’Hannah sont décriées d’une manière un peu déplacée. Je pense notamment à la partie où elle se rend près de Bryce, un type pas très fréquentable pour les étrangers au livre, et que Clay lâche un « Tu savais à quoi t’attendre ». Comme si ça légitimait le mal que le mec en question pourrait lui faire ensuite. Néanmoins, c’est peut-être volontaire de l’auteur afin de montrer qu’en cas d’injustices et de situations tragiques, on cherche à blâmer tout et n’importe quoi, quitte à en vouloir à la victime principale. C’est moche, mais c’est cependant une réalité. Je trouve qu’il aurait quand même pu trouver une autre scène pour évoquer ce point de vue, car là, c’est franchement limite.

Concernant l’auteur et sa manière d’écrire, j’ai été surprise. L’écriture est simple sans l’être de trop. Le thème étant déjà difficile, égarer un lecteur avec trop de fioritures pour faire des phrases à la limite du poétique n’aurait eu aucun sens. J’ai été ravie de constater qu’il maîtrisait parfaitement tout dans son livre.

De manière générale, je pense que tu l’as compris dès le départ, le livre montre à la perfection à quel point l’effet boule de neige peut-être dévastateur. Comme on dit « Tu ne sais jamais ce que la personne en face de toi est en train de vivre, alors abstiens-toi de causer encore plus de mal ». Hannah a vécu un acharnement progressif sur sa personne. Chaque chose présumée innocente à son égard créant un problème plus dévastateur. Et ça va de mal en pis. Il est facile de devenir « la raison » de quelqu’un et on devrait tous y réfléchir à deux fois avant d’agir. Souvent les blagues les plus futiles peuvent créer bien des maux. Alors non, on ne peut pas rire de tout, on ne sait jamais comment la personne en face va le ressentir et ce que ça peut remuer en elle.

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Sans oublier que l’inaction est aussi une action. Quand nous sommes faces à des gens en détresse, ne pas agir et se contenter de regarder de loin peut être aussi grave. Clay était submergé de rumeurs concernant Hannah qu’il ne voulait pas croire, mais au fond son inaction montre qu’il y croyait plus que ce qu’il ne s’admettait. Au lieu de se forger une opinion sans préjugés il a préféré, presqu’inconsciemment, se reposer sur les « on-dit » pour dissimuler son manque de confiance en lui et ainsi se trouver une excuse pour ne pas aller vers Hannah.

C’est d’ailleurs ce que je reproche au personnage de Clay qui mine de rien perçoit les évènements d’une manière très égoïste. Contrairement à la série qui décrie et démonte tout ce qui a attrait au harcèlement, slut-shaming, culture du viol, le livre se contente de le mentionner sans réellement montrer comment en venir à bout. Ca rejoint ce que je disais au début, la présence de l’intrigue secondaire concernant les personnages dans le présent est réellement intéressante dans la mesure où on peut voir ce qui a/n’a pas été mis en place par rapport à toutes les problématiques abordées.

Donc oui, le livre montre que harceler c’est pas bien mais ne montre pas qu’elles sont les autres comportements à adopter pour ne pas être harceleur ainsi que pour ceux qui vivent avec ça. Ni les potentielles victimes ni les potentiels bourreaux n’ont un aperçu des attitudes et choses qu’ils peuvent mettre en place…

C’est la où la série est légèrement plus complète que le livre…

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Je serai ravie de discuter du livre/de la série avec toi en commentaire si tu veux en savoir plus ou si tout simplement tu es en PLS comme moi!

Review > Tous nos jours parfaits

 

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Titre : Tous nos jours parfaits

Auteur : Jennifer Niven

Edition : Gallimard Jeunesse

Prix Amazon : 17.50eur en format broché

Cotation : 16/20

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L’histoire d’amour de Violet qui réapprend à vivre avec Finch qui veut mourir.

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Me voici, à la fin de ce livre…

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« Tous nos jours parfaits », c’est le livre que je ne m’attendais pas à apprécier.

Je pense que tu commences à me connaître, moi et la romance ça fait genre… Beurk quoi.
Mais la gifle. LA GIFLE guys.

Violet est une ado qui va bientôt rentrer à l’université et qui a perdu sa soeur dans un accident de voiture, duquel elle-même a survécu. Tu t’en doutes bien c’est pas vraiment facile de vivre avec ça. Toute la culpabilité du « Pourquoi est-ce que je vis et pas elle? » la pèse au quotidien, si bien qu’elle se retrouve perchée sur le toit de son lycée prête à sauter… Mais là se trouve Finch, le « taré » comme l’appellent les autres lycéens (gosse à problème, légèrement à côté de la plaque, je-m’en-foutiste complet). Finch lui sauve la vie.
Pour sauver aussi les apparences et vu que la réputation de Finch n’est plus à un ça près d’être dégradée, il laisse croire que c’est l’inverse qui s’est produit et que c’est Violet la sauveuse du grand détraqué qu’il est.
A partir de là, une amitié plutôt bizarre nait entre eux.
Amitié, tu l’as deviné, deviendra plus que ça bien évidemment.
Pour tout t’avouer, j’ai eu du mal avec beaucoup de parties du livre, comme à mon habitude le blabla racontage de vie me plaît toujours moyennement (c’est d’ailleurs pour ça que je lis rarement de livres contemporain mais bon j’essaie d’élargir mes horizons).
Mais à un moment tout dérape.
Et c’est à ce moment précis que tu te prends la fameuse gifle.
La gifle qui te fait remettre en question toute ta lecture et tu te rends compte que l’auteur a construit son roman d’une manière tellement intelligente. Tout est écrit au bon moment, au bon endroit pour que la bombe explose.
Ce livre ne peut avoir qu’une fin et l’auteur nous met au supplice en acceptant cette fin atroce. Cette fin qu’on ne veut tolérer. Mais à y réfléchir, c’est comme ça que ça doit être, il n’y avait nulle autre possibilité. Cela nous pendait au nez depuis le départ et l’auteur en a très bien joué.

C’est très compliqué de mettre des mots sur ce livre car il faut réellement prendre la peine de le découvrir et ressentir chaque chose qu’il dégage.

Le seul problème que j’ai eu, et je vais faire ma rabat-joie un instant (mais attennnnds), c’est qu’encore une fois on entretient l’idée d’un pseudo-sauveur d’âme en détresse.
La jeune Violet va indéniablement pas bien (sans rire) mais on encore obligé de se farcir le stéréotype de l’amour qui guérit toutes les blessures et le prince charmant qui redonne la joie de vivre quand on veut mourir. Et vice-versa pour Finch. GRRR.
Or! C’est là que la magie de l’auteur opère, notre chère Jennifer Niven finit par nous prouver que NON mesdames et messieurs, ce n’est pas à l’autre de sauver qui que ce soit dans une relation. Que homme/femme/pingouin/iguane ce n’est pas notre rôle de sauver notre prétendu.e âme soeur. Seul.e lui/elle-même est en mesure de s’en sortir.
Une bonne fois pour toute, ce n’est le job de personne de secourir quelqu’un de « ses démons », ça se soldera pratiquement toujours par un échec.
Et ça, c’était la première fois qu’un auteur rendait justice à cette réalité. Merci.

 L’auteur aborde un sujet sensible (voir même plusieurs sujets) mais sans jamais plonger dans le mélo-drame ou alors avec cette pointe d’ironie et de sarcasme (Coucou Finch).
C’est un livre dont j’ai énormément entendu parler auprès de mes connaissances anglophones mais qui m’a l’air peu connu chez les francophones? C’est bien dommage…